En musique: Jean-Michel Jarre - Chronologies

Retour des insomnies. Le somnifère n'y a rien fait. Au bout de trois jours, j'en suis déjà là.

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Retour, J+2. Une grande chef vient te hurler que mettre le doigt en permanence sur les incompétences de Cloclo, ça devient pénible. Lui répondre que c'est la rançon de la lâcheté, lorsque l'on refuse de licencier quelqu'un qui fait mal son travail au motif qu'il coûte trop cher; que je ne fais que mon travail et ne pas signaler les erreurs seraient une faute grave de ma part; que je ne suis pas quelqu'un qui se livre aux attaques personnelles mais que si les problèmes viennent toujours des mêmes, je n'y suis pour rien.

S'entendre dire, en argument de seconde zone, que je n'assume pas mes responsabilités, et que si Cloclo se plante, c'est aussi de ma faute. Y compris lorsque je suis en vacances ou en arrêt maladie. Répondre, un peu fatiguée, que c'est une atteinte grave au droit du travail que de dire une chose pareille. Et devoir consigner cette conversation par écrit.

Parce qu'on ne sait jamais. Et qu'il est triste d'en arriver là.

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Faire ses courses au centre commercial, et sentir l'angoisse me prendre à la gorge. Voir pleinement la futilité de notre vie et avoir envie de la vomir. Ne plus supporter cet appel à la consommation, et me demander comment échapper au monde. Echapper à cette dictature de la dépense, au contrôle de l'économie par des gens qui n'ont que leur compte en banque en ligne de mire, quelles que soient les conséquences de leurs jeux d'argent sur le reste de l'humanité.

Considérer le temps d'une seconde l'hypothèse d'une vie au fond d'un jardin, avec un potager, une poule et une fontaine. Vivre en autonomie hors des autres.

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Dormir deux heures et être réveillée par le sentiment que quelqu'un te vomit dessus. Et réaliser que le chat est précisément en train de te vomir dessus. Joie de la vie.

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Réveil difficile, quand il faut y aller, et savoir que la journée va se passer à devoir me défendre.