En musique: Agnès Obel - Philarmonics 

 

Apprendre à laisser partir. Tout en acceptant de ne pas être abandonnée, ni d'abandonner soi-même. 

C'est un peu de cela qu'il s'agit lorsque l'on doit faire son deuil, je crois.

Continuer de se sentir accompagnée sans être accrochée maladivement à ceux qui nous manquent, sans se sentir échapper à la vie qui continue malgré tout.

Je ne suis pas encore prête à tout cela. Mais je sais où est la direction.

Il m'est encore impossible de dire à mes morts de partir. Ils sont vissés à mon coeur et la vie n'a pas encore suffisamment de sel pour que je m'y donne sans regarder derrière. 

Laisser un coin de moi pour que mes absents s'y sentent à l'aise et moi aussi, laisser partir le reste. La culpabilité de ne pas avoir été là pour l'un, de ne pas avoir pu lutter contre l'irrémédiable pour l'autre. 

Dieu que le chemin est long. 

J'irai porter des fleurs et je vous parlerai. Comme je vous parle un peu chaque jour. 

Et peu importe ce qu'en pensent ceux qui se disent qu'il serait temps de lâcher le fil. Ce fil est d'or. Et le plomb qui est au bout me sert à rester verticale.