En musique: The Do - Trustful hands 

 

Le dernier message de ce blog remonte au 10 mai 2013, et je ne peux pas croire que le temps ait passé aussi vite. 

Tant de choses ont traversé ma vie, et je dois bien le reconnaître, essentiellement des bonheurs, petits et grands. J'ai été gâtée, et je ne sais pas qui remercier.

Les derniers mois ont été comblés de belles rencontres, de personnes que je croisais depuis longtemps et que j'ai fini par aborder, en m'autorisant à leur ouvrir la porte.

Des retrouvailles aussi. Avec un homme que j'ai profondément aimé et qui m'a fait terriblement souffrir, mais à qui j'ai laissé la possibilité de mettre à nouveau un pied dans mon univers. En acceptant de lâcher prise sur le passé, et de lui laisser une place. Très différente et sous haute protection, mais une place malgré tout, en acceptant qu'il la quitte quand bon lui semblera. Comme une cerise, sur le gâteau de ma nouvelle sérénité.

Et cette histoire avec Monsieur A qui évolue et n'en finit pas de me surprendre. 

Jusqu'à ce jour de juin 2014 où, sans Monsieur A, aux urgences, une sage femme tout sourire m'explique que mon enfant va bien. Mon enfant, à ce moment-là, ressemble sur un écran en noir et blanc à une patate germée. Avec un coeur qui bat très vite. Et moi, confuse, qui n'arrive pas bien à savoir si je rêve ou si tout cela est bien réel, et qui me demande s'il est normal de ne rien ressentir. Comme si la nature pouvant encore s'octroyer le droit de me retirer cette vie, il valait mieux ne pas s'y attacher trop vite. 

Les semaines se sont écoulées, et les échographies ont suivi. Troublantes, amusantes, avec un bébé farceur et déjà drôle, mais ce sentiment permanent de ne pas me sentir mère. Et pas vraiment normale. Avec cette peur toujours obsédante qu'il est peut-être encore trop tôt pour aimer cet enfant.

Il y a trois semaines, le médecin me demande me rendre aux urgences pour un monitoring de contrôle car il trouve que les contractions sont fortes et fréquentes. 

La sage femme est une enflure, elle me traite avec mépris, me fait mal et finit par me lâcher: "Vos douleurs on s'en fout, j'essaie juste de faire mon travail". Mes larmes et ma douleur de me dire que cet enfant, tout le monde s'en fout. Monsieur A n'est pas là, il est en déplacement. 

Puis vient le monitoring. La sage femme attache la sangle et branche l'appareil. Puis elle me laisse. 

Trente minutes avec les battements du coeur de mon fils. 

Trente minutes à pleurer, à prier pour que ce coeur plus jamais ne s'arrête.

Trente minutes à accepter que je deviendrai mère au fil de l'eau, et que ce sera une nouvelle branche de mon arbre qui devra apprendre à grandir.

Trente minutes à apprivoiser cette émotion si violente et inattendue d'un amour déjà inconditionnel.