En musique: Agnès Obel - Riverside

J'aurais voulu regarder le ciel et trouver des formes originales aux nuages. Mais il n'y en avait pas. Alors j'ai humé l'air et le silence, les yeux grands ouverts. J'ai frôlé la sérénité. Plusieurs fois. 

Une nuit, dans mon insomnie, j'ai croisé un hibou. J'aurais aimé être comme lui sur le toit, et observer le calme de la campagne à la lumière de la lune. J'ai écouté l'homme qui dort, et mes pensées sont allées vers ceux que j'aime. 

J'aurais voulu vivre ces trois semaines dans une totale solitude. Parce que c'est ainsi que je suis faite. Avant de me dire qu'il était peut-être possible de dompter sa propre nature. Parce que l'isolement permanent, c'est aller à l'encontre de ce que notre société nous impose. 

Et ce que la société m'impose devient lentement mais sûrement insupportable. Plusieurs fois, je me suis surprise à penser qu'il fallait que je fasse pousser un potager chez Monsieur A, avec des poules et quelques lapins. Histoire de vivre en parfaite autonomie. Sans avoir besoin d'aller à la ville. Là où les gens se marchent dessus sans s'en rendre compte. 

Et de me rendre à l'évidence que je ressemble de plus en plus à mon père et à ma mère. 

J'ai revu sur Internet mon premier amour. Et j'ai souri. Parce qu'il aurait mieux valu que je reste avec mes souvenirs. 

Puis nous sommes allés en Bretagne, tous les quatre. Aujourd'hui, je ne sais toujours pas si c'était une bonne ou une mauvaise idée. Je n'ai jamais autant pleuré sous mes draps. Retour immensément douloureux dans cette maison si importante; et ce temps criminel qui avance à plusieurs vitesses. Avec la sensation d'une main tendre qui passait sur ma joue. Sa main à elle, que je sens encore si fort dans la mienne. Et des rires d'enfants tout autour. 

Nous avons enfin invité ma maman pour son anniversaire, infiniment triste dans son coeur. Une occasion pour elle de rencontrer Mademoiselle J et Jeune Homme T. Et de redonner quelques couleurs un peu plus vives pour la suite. 

Et Mademoiselle J qui me dira le soir même: "Ta maman, elle est trop super; est-ce que tu crois qu'elle pourrait être ma demie grand-mère?". 

Les vacances sont passées, j'ai retrouvé le chat, mon compagnon fusionnel. Ensemble nous fermons les yeux à la recherche d'une nouvelle sérénité.